Confession d'un porte-drapeau déchu, Belfond, 1992
réédité en 1996 aux Éditions Gallimard, dans la collection Folio (no 2883)

"Tout était si simple. Limpide…
Le clairon lançait ses cris perçants. Le tambour vibrait. Et vibrait au-dessus de peau jaune et raccornie le ciel dont nous avalions de grands pans frais et bleus en chantant nos chansons sonores. L'univers entier trépidait dans ce roulement et ces cris.
Tout était si clair dans ce début de notre vie. Notre enfance avait l'odeur piquante du cuivre étincelant, la résonnance martiale de la peau tendue.
Et nous marchions, les jambes veloutées de poussières, à travers les chemins des champs. Toujours tout droit devant nous. Toujours vers cet horizon radieux."
L'univers poétique est celui de la Russie secrète, intense, vraie, que la mémoire a préservée au milieu des catastrophes humaines de ce siècles. Cette Russie qui ne peut être contée que dans une confession – dans la confiance absolue, dans la volonté de dire l'indicible.